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Un blogue Divers par Mon Blogue.com


Vendredi 19 mars 2010

Va et ne pèche plus.

L'histoire pour ce jour nous présente une femme qui a commis une faute grave. Elle a trompé son mari et a donc commis l'adultère. Jésus se retrouve au milieu d'un règlement de comptes. Il s'agissait de punir cette femme en la lapidant, ce qui signifie pour elle une mort certaine. A t-elle mérité la mort plus qu'une autre personne, plus qu'un autre homme parmi tout le parterre de scribes et de pharisiens rassemblés pour en découdre et une fois de plus mettre Jésus à l'épreuve. Certes ce qu'elle a fait est inexcusable et n'est pas défendable. Faut-il pour autant s'ériger en juges et se faire justice soi-même ?

Et voilà un épisode qui va nous faire beaucoup réfléchir sur notre manière de dispenser la justice et de formuler un jugement sur autrui. Jésus nous ramène à nous mêmes, à notre propre examen de conscience. Sommes nous tellement corrects et parfaits pour prononcer la sentence sur autrui, même s'il a commis une chose impardonnable ? Notre société s'intéresse aux faits divers, à toutes ces histoires et ces intrigues qui se sont terminées en bain de sang et mort d'homme. Consultez le programme de la télévision et vous verrez combien d'émissions sont consacrées à des affaires qui ont été jugées ou qui sont rejugées, et que l'on ressort encore quinze après, pour encore prononcer sur elles une sentence. Pour les victimes et les survivants, cette phase est importante pour faire le deuil de ceux qu'ils ont perdu ou qui sont disparus. Une chose est sûre: ça ne le fera pas revenir et tout l'argent du monde ne peut combler un vide. Tout l'argent du monde ne pourra pas combler les traumatismes. Mais un jugement peut apporter un point important: nous avons trouvé un responsable et ce dernier paiera donc pour mes morts, mes traumatismes, mes blessures, mes deuils. Les scribes et pharisiens voulaient faire de cette pécheresse, de cette personne marquée par une grave faute, un exemple. Il fallait qu'elle paie. Jésus leur renvoie le miroir sur leurs propres vies. Et vous, êtes-vous tellement si parfaits, si intègres, si bons que vous avez la légitimité de jeter des pierres ?

Nous avons nous-mêmes le jugement léger quand les journaux relatent la condamnation d'hommes et de femmes. Si elles sont condamnées, elles ont commis un délit et doivent donc réparer. Mais nous, jetterions-nous la première pierre sur eux avec le simple prétexte d'en faire un exemple. Et si le prochain était moi ? Jésus ne dit pas à la femme: c'est bien ce que tu as fait, continue donc ainsi. Il lui dit tout simplement: va maintenant et change de comportement c'est à direne pèche plus. La force du Christ dans cette énième confrontation avec les responsables religieux et l'amour  de Jésus pour chaque être humain sans distinction, réside dans cette capacité à redonner une chance, la chance à ceux qui ont défailli, à ceux qui se sont égarés, à ceux qui ont dépassé les limites de l'acceptable et du supportable aux yeux des autres. Dans notre société, un échec est malvenue et une rédemption est un processus qui prend énormément de temps. Ce qu'on imagine pas assez, c'est en laissant une chance à l'autre de se refaire, il peut apprendre de ses fautes et essayer de ne pas les refaire. Si un jour vous avez commis une grosse bêtise, si un jour vous avez commis l'impardonnable, on est particulièrement reconnaissant quand cette histoire est oubliée et qu'on a passé l'éponge. En politique, en campagne électorale, on est très friand de ces anciennes histoires et nous avons vu encore un exemple de choisi de cette recherche sur son fichier personnel pour vérifier ces condamnations. Fallait-il ressortir tout cela alors il n'y avait plus aucune inscription de quoi que se soit sur un casier judiciaire pour en arriver, que l'on s'était trompé de personne ayant confondu avec un homonyme!!

Aujourd'hui donc, cette histoire nous renvoie à nous-mêmes.Saint-Augustin a été très bavard sur ce texte. Il a écrit : "du fait même que tu juges un autre, tu te condamnes toi-même" et qu'"il comparaisse au tribunal de sa propre conscience". Sans user de ces mots directs, il est un fait. Cette femme nous confronte à nos propres infidélités et la réponse donnée par Jésus, nous rappelle que son amour, même s'il considère la faute, ouvre toujours un avenir. Avec une pointe ironique, laissons le mot de la conclusion à un autre père de l'Eglise ne la personne de Saint Grégoire le Grand: "quiconque sera occupé à se juger, songera peu à juger les autres". Amen.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-03-19 18:19:01
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Samedi 6 mars 2010

Et si quand même.. ?

Sur ma terrasse, il y a une plante dont je ne connais pas le nom. Je sais seulement qu'elle ne fleurit qu'occasionnellement. C'est une plante quand elle fleurit, donne de superbes fleurs rouges en forme d'étoiles. C'est une plante que j'ai gardé et emporté avec moi durant toutes ces années pour une seule raison : c'était la plante préférée de ma mère. Quand elle ne fleurit pas, je m'interroge à chaque fois le bien fondé de sa conservation. L'année dernière je lui ai rempotée, j'ai changé la terre et ajouté de l'engrais pour finalement la déposer au même endroit sur ma terrasse, ne me faisant guère d'illusion. Alors que je n'y croyais, voilà ma plante qui fleurit et je ne sais pas si c'est un hasard ou un signe ou quoi que se soit d'autre, elle fleurit pendant la période qui marquait les dix ans du décès de ma maman. Pardonnez-moi cette remarque personnelle et sentimentale, il y a comme cela des miracles qu'on ne s'explique pas. Peut-être est-ce vraiment de l'ordre du miracle !!

Toute cette histoire est revenue à la surface à la lecture de la parabole propre à l'évangile de Luc sur le figuier stérile (Luc 13,6-9). Le propriétaire terrien,  exaspéré, impatient, déçu, ne voit plus l'intérêt de conserver un figuier dans sa vigne. Il prend de la place, il pompe de l'énergie à la terre et pour un rendement zéro. On comprend la démarche du propriétaire dont le souci est de tirer le meilleur bénéfice de sa terre. Le vigneron cependant intercède et lui demande d'attendre encore un peu. Donnons lui encore une chance à ce figuier. L'histoire ne nous dit ce qu'il advient en réalité: produira t-il du fruit après les soins de son protecteur, sera t-il en fin de compte abattu comme le souhaite le propriétaire ? Jésus ne dit rien de plus: il se contente de la dernière chance.

Cette petite histoire met de l'eau dans mon moulin et plus particulièrement en période des assemblées générales. On pourrait presque comparer nos églises à des figuiers stériles. Comme le propriétaire, nous pouvons nous interroger: est-ce bien utile de mettre autant d'énergie et de moyens dans des activités qui rassemblent et intéressent bien peu de monde ? Est-ce bien utile d'avoir un pasteur qui entretient des cultes, des visites,des activités ? A quoi servons nous en fin compte ?? Je suis passé directement aux questions essentielles car la réponse nous est donnée dans cette parabole. Même si nous avons l'impression que nous ne servons pas à grand chose, même si nous avons l'impression que nos activités paraissent bien modestes, Jésus nous invite fortement à poursuivre, à persévérer. En noircissant volontairement le tableau, je veux, renforcé par l'exhortation du Christ, nous inviter à mener nos actions, à célébrer nos cultes à la gloire de Dieu et à la prédication de la bonne nouvelle de Jésus-Christ, à accompagner le plus petit comme le plus grand, le non pratiquant comme le fidèle. C'est notre vocation, notre raison d'être même si on peut s'interroger sur les résultats de notre rendement, di on devait appliquer et juger selon des critères économiques.

Et puis, parlons vrai. Dieu nous renvoie nos propres stérilités, dans un domaine et dans nos vies. Si Dieu devait trancher en termes de rendement, cela fait longtemps qu'il ne nous aurait plus accordé aucun crédit. Parce que Dieu est amour, il est patient, il sait qu'avec le temps on peut progresser pour porter un jour pleinement du fruit. Dieu taille, jardine, reprend à chaque fois, rempote et arrose. Dans l'ère du jetable, ne jetons donc pas tout, tout de suite. Sachons mesurer ce qui est bien, corriger ce qui est moins bien, et espérer produire du fruit. Amen.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-03-06 09:24:38
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Samedi 27 février 2010

Justes devant Dieu

Dans le souci de bien faire, nous sommes toujours tiraillés entre la culpabilité et la bonne conscience. Je m'explique: nous nous sentons coupables en effet quand nous avons l'impression de n'avoir pas fait assez et quand nous prenons la mesure d'une faute ou d'un raté. La bonne conscience par contre vient quand nous nous mesurons aux autres ayant le sentiment que finalement ce que nous avons fait, n'était pas si mal que cela, en regard bien sûr à ce qu'aurait pu faire autrui.
Ma semaine a été marquée par ce qui s'est passé dans l'Eglise protestante d'Allemagne. Cet événement a nourri mes réflexions. La présidente de l'Eglise, dans la nuit du samedi et dimanche dernier, a été appréhendée devant chez elle avec un taux non conforme d'alcool dans son sang. Après avoir été trainée dans la boue surtout par les journaux à scandales, elle a tiré les conséquences: elle a démissionné de son poste avec effet immédiat, reprenant un "simple" poste de pasteur. Si tout le monde assumait la pleine responsabilité de ses fautes en tirant les conséquences, le monde (et l'esprit du monde) en serait transformé. Ce qui m'a touché dans tout ce déferlement médiatique en Allemagne, c'est qu'elle a affirmé sa foi en celui qui ne la lâcherait jamais, quoiqu'il arrive, quoiqu'il fasse. "Tu ne peux pas tomber plus bas que dans la main de Dieu". J'ai trouvé son attitude droite comme un pilier et j'ai été touché par la dignité (et surtout) par la force que dégageait sa prise de position. Etre juste devant Dieu, ce n'est pas avoir raison (loin de là, d'ailleurs). Etre juste devant Dieu, c'est avoir le courage de son examen personnel et responsable, et savoir assumer les conséquences sachant que cet acte exige un grand sacrifice et une grande transparence. Martin Luther King était certes un être d'exception, un battant mais personne ne l'aurait mis en cause malgré toutes ses conquêtes féminines. Et pourtant, la présidente de l'église protestante comme MLK, sont et demeurent des êtres humains avec la grandeur de leurs qualités et la faiblesse de leurs défauts. Mais devant Dieu, nous avons la chance de pouvoir rester debout, même si le péché peut nous accabler. Ceci est du à Jésus-Christ, livré pour nous à cause de nos péchés mais essentiellement, que Dieu est bon et qu'il nous aime. "Souviens-toi, Seigneur que depuis toujours, tu es un Dieu aimant et bon" interpelle le psalmiste (Psaume 25,6). Il est lent à la colère et il ne retient pas éternellement les fautes. Les psaumes nous rappellent souvent les détresses des hommes, incapables de se montrer fidèles et droits, nécessiteux de la grâce et de la clémence. Les psaumes témoignent de cette confiance et de cette conviction, que Dieu n'abandonne personne à condition de faire amende honorable et de reconnaître combien je dois à Dieu et à autrui. Des projets peuvent être anéantis, des rêves ne s'accompliront peut-être jamais et des idées seront sujettes à caution: l'espérance par contre ne disparaîtra jamais. Le Christ nous a ouvert la porte vers Dieu et vers l'éternité et rien ne peut mettre en cause sa relation particulière. Tout est une question de foi et de disposition à son égard. Celui qui met sa confiance en Dieu, n'a pas besoin de remettre en cause continuellement sa vie. Dieu nous aime, il a donné, même livré. Reconnaissance et joie accompagnent mon message de ce jour.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-02-27 05:42:58
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Vendredi 19 février 2010

Déposer sa vie pour autrui

Le 19 Avril 1912, une commission d'enquête indépendante se penche sur les responsabilités et responsables liés au naufrage du Titanic (14 Avril 1912). Lisant une énième étude intitulée "Les Rescapés du Titanic", les historiens Geniès et Huser insistent sur le fait que bien plus de personnes auraient pu être sauvées si on avait réellement voulu et si l'on s'était donné les moyens. Le livre publié en 1999 note que beaucoup ont préféré sauver leur peau au lieu de venir en aide à ceux qui se débattaient dans des eaux glaciales fuyant le paquebot entrain de sombrer. Beaucoup de rescapés durent vivre avec cette question: pourquoi sont ils vivants quand tant d'autres ne reviendront plus jamais ? Visitant le camp de concentration d'Auschwitz en novembre 2007, je dis à un rescapé: "oh sûrement, y a t-il eu une grande solidarité entre les détenus". De tac au tac, il me rétorque : "non monsieur, c'était chacun pour soi. Le plus important pour moi était de sortir de cet enfer". Ces deux récits à deux époques différentes et nous pourrions les multiplier, soulignent une chose: la vie est un bien précieux et individuel, partager ou la donner, exige un immense sacrifice. Je ne veux surtout pas m'ériger en moralisateur et donner des conseils sur des événements que je suis loin d'avoir vécu et que j'espère je ne vivrai jamais. Les contre exemples existent bien sûr aussi: dans le même camp de concentration, Maximilian Kolbe, prêtre catholique, demande à être exécuté en lieu et place d'un groupe de jeunes hommes. Des passagers du Titanic acceptent de céder leur place dans les canots de sauvetage; il y a eu des scènes d'incroyable courage suite à la catastrophe. Si je mentionne ces épisodes tragiques, j'aimerai les mettre en parallèle avec ce verset de l'Evangile de Jean: "Le plus grand amour que quelqu'un puisse montrer, c'est de donner sa vie pour ses amis" (Jean 15,13). Le texte grec parlera même de déposer, de se dessaisir de sa vie (Nul n'a d'amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu'il aime).

Alors que nous entrons dans le temps de l'église dit le Carême, il me semble important aujourd'hui de prendre la pleine mesure de ce que Jésus-Christ, fils de Dieu a fait pour nous: déposer sa vie pour nous afin que nous ayons la vie éternelle. Deux mille ans après, nous sommes enclins à considérer cet acte d'amour comme un acte d'un grand courage voire même de voir cela comme une action héroïque. N'oublions pas que le Christ est passé par des moments de doute et sa prière jusqu'à transpirer des gouttes de sang, témoigne qu'il a du surmonter sa peur. Mais il l'a fait, il a passé par ce chemin de croix et de souffrances pour ressusciter le troisième jour, pour montrer que la mort n'avait aucune emprise sur lui. Il est passé par ce chemin par amour pour ceux qu'il aime sans que moi je le mérite ou ai revendiqué quoi que se soit.

Il nous est pas demandé de donner notre vie pour autrui, car moi-même je dois l'avouer, j'aurai probablement agi de la même sorte sur le Titanic ou dans un camp de prisonniers, avant tout sauver ma peau et ma vie. Et même si maintenant en totale décontraction et loin de ses réalités tragiques, il serait facile de dire : "j'irai partout où le Christ a été", l'instinct de survie prendrait bien vite le dessus. L'apôtre Pierre en a fait l'amère expérience jusqu'à verser des larmes quand il a pris conscience qu'il avait lâché Jésus. Des paroles nous sommes tous bien capables d'en faire. En juillet 2009, un sondage a révélé que 77% des Français étaient prêts à faire don d'un de leurs organes. Actuellement, sur le fichier des donateurs potentiels inscrits au registre national, il y en a 170 000. Entre l'intention et la réalité, il y a et il aura toujours un fossé immense. Notre région Provence Alpes Côte d'Azur se bat depuis des années pour trouver 3500 donneurs de sang par semaine. Les réserves actuelles tiennent pour une dizaine de jours. Tout le monde est content de trouver du sang quand il a besoin d'être transfusé: ceci n'est possible que s'il y a assez de donateurs. Je ne peux que condamner fermement et sans réserve, ni circonstance atténuante, quand un groupe qui se prétend être chrétien maintenant fait de la transfusion de sang, une interdiction religieuse. Il n'y a rien de chrétien, ni de l'amour du prochain dans cette démarche religieuse, qui pourtant draine des adeptes.

Il y a des choses faisables dans la mesure de nos possibilités et moyens pour aider autrui, pour permettre à autrui de vivre, parce qu'il lui faut du sang, parce qu'il est en attente d'un organe. Pour traduire cela dans notre vie, il ne faut pas de grandes études universitaires, ni avoir un compte en banque fourni. il faut juste un peu d'amour pour que quelque chose change. Le Christ a payé de sa vie pour que nous puissions vivre. Notre raison de vivre ou de faire, est du moins s'en inspirer pour soutenir et sauver autrui. Amen.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-02-19 04:05:29
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Vendredi 12 février 2010

Si je n'ai pas l'amour...

Je ne suis rien. Voilà la fin de la phrase écrite aux Chrétiens de Corinthe: "si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien" (1 Corinthiens 13,2). Je n'ai pas résisté à la tentation de vous livrer ce texte à l'occasion de la Saint Valentin, hommage à ce prêtre emprisonné et finalement décapité pour sa foi. Des mots d'encouragements lui furent passés à travers les barreaux par les enfants. Ce qui expliquerait parmi les nombreuses histoires qui accompagnent cette tradition désormais commerciale où l'on s'échange cadeaux, mots doux et autres amabilités. Je ne peux pour ma part que vous faire partager cette vérité qui n'envie rien à La Palisse tellement elle est vraie et réelle. En effet, si je n'ai pas d'amour dans ma vie, alors ma vie ne sert à rien.

Tous les talents et toutes les qualités ne peuvent faire oublier l'importance de l'amour dans la vie d'un être humain. S'il n'est pas aimé, il a besoin d'aimer et d'être aimé. Cela fait partie de notre condition humaine, de nos gênes: toutes les chansons du monde, tous les romans, tous les films sont traversés par cet état. Et ce qui nous fait le plus souffrir, ce sont souvent les "amours impossibles", ceux que nous ne pourrons jamais avouer mais qui nous poursuivent voire même hantent les jours et les nuits. Quand enfin, on trouve chaussure à son pied, alors commence l'étape du "vivre ensemble", qui souvent tranche avec les réprésentations idylliques que l'on pouvait avoir dans ses rêves.

Sûrement me trouvez-vous particulièrement romantique en ce jour. L'enjeu est quand même de taille; il n'est pas toujours facile de mener une vie à deux. Pour cela, il faut être patient et surtout l'amour pardonne tout, croit tout, espère tout et supporte tout. Ce verset donne toute la définition éthique à une relation de parténariat, d'amour et d'amitié. C'est aussi l'amour qui doit inspirer une communauté à vivre ensemble. Etre en communion les uns avec les autres, ce n'est pas seulement une communion de façade. Cela se doit d'être une communion fraternelle, qui est en confiance, qui pardonne tout et qui espère tout. Dès lors qu'il n'y a plus la confiance, dès lors qu'il n'y a plus la joie de se retrouver ensemble afin de porter les joies et les peines, les soucis et les projets, je pense qu'il ne faut plus perdre son temps à célébrer de cultes et à faire illusion.

Ce texte est le plus célèbre de la Bible mais pas le plus simple à transposer dans le quotidien de la vie. Dans le rythme du travail et les emplois du temps, nous manquons d'entretenir nos relations. Quand les personnes meurent, alors nous nous rendons compte que nous avons manqué de temps. Cela tient un moment et nos occupations reprennent le dessus. Ce que la Bible nous demande, relayé par Jésus, par ses disciples, par l'apôtre Paul, c'est de soigner tout particulièrement nos liens fraternels et nos liens amoureux. Je l'ai déjà dit et je le répète: nous passons souvent à côté de choses simples envahi par notre égocentrisme et notre indifférence. Et si nous laissions vraiment parler notre coeur, nous pourrions reconnaître la force et joie de l'amour.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-02-12 14:36:44
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Samedi 6 février 2010

Désormais, tu seras pêcheur d'hommes

Ma grande joie quand j'étais petit garçon était d'accompagner mon père à la pêche. J'avais cette impression de devenir un homme, un vrai, un dur. Ainsi je me levais à quatre heures du matin et nous étions au bord de la rivière dès cinq heures pour taquiner comme on dit le gardon. A vrai dire, je comprenais pas bien au juste pourquoi il fallait être si tôt en position et pour cela il y avait deux raisons. La première c'est que les meilleures places étaient prises par le premier arrivé et secundo la rivière était calme; les poissons étaient donc moins effrayés par le bruit. Pour vous dire franchement, ce qui m'intéressait vraiment c'était d'accompagner le réveil de la nature et cela a toujours été un événement unique et particulier. Se faire bouffer par les moustiques et autres bestioles le matin de bonne heure, ce n'était pas vraiment enthousiasmant ! Pour le marin d'eau douce que j'étais, quand j'ai commencé à pêcher, je ne pensais pas qu'il fallait être si patient et persévérant. Il est arrivé que nous passions presque douze heures au bord de l'eau sans pour autant faire des prises fantastiques. Heureusement nous ne vivions pas du produit de la pêche; nous ne serions pas allés loin. Je comprends l'exaspération et la déception de Pierre bien fatigué de devoir reprendre la mer. Je le vois déjà pantois de cet ordre donné par un non-initié, un laïc, en l'occurrence Jésus, qui lui demande d'avancer en mer alors qu'il a passé toute une nuit sans rien prendre (Luc 5,5). Mais pourtant il s'exécute.

Or le début de cet extrait ne met pas en évidence les pêcheurs. Jésus enseigne la foule; les pêcheurs ont d'autres soucis. Ils sont à l'écart, absorbés par leur travail. Et voilà que Jésus prend l'initiative d'interpeller ce groupe de professionnels aguerris. Quand après une énième sortie ils remplissent leurs filets, les pêcheurs et leur porte parole, Pierre, ne peuvent que s'incliner devant ce miracle. Pierre reconnaît que celui qui lui a fait changer d'avis, ne pouvait pas être n'importe qui. Il reconnaît son ignorance voire même sa méprise: "Seigneur, éloigne-toi de moi car je suis un pauvre pécheur" (Luc 5,8). Là Jésus fait de lui un collaborateur; désormais son métier, sa fonction sera de prendre des êtres humains dans ses filets.

Et nous voilà arrivés au coeur de notre thème d'aujourd'hui qui est la mission ou comment annoncer l'Evangile au monde qui nous entoure, au vaste monde qui ressemble à un vaste océan. Je ne vais pas donner des recettes miracle; je tiens seulement à partager avec vous les difficultés que l'on rencontre, à annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Et effectivement cela ressemble au dur métier de pêcheur, connu par Pierre et ses associés, Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Le métier de pêcheur est aujourd'hui sérieusement menacé; non par manque de technicité, mais par un manque de poissons. D'après une étude, il y aurait deux à trois fois trop de bateaux de pêche par rapport à la quantité potentielle de poissons à pêcher. La concurrence et les nouvelles habitudes alimentaires mettent en difficulté ce métier. Rares sont les pêcheurs à Menton ou  à Monaco qui vivent confortablement de leur pêche. La pêche est aussi ce travail de patience, de persévérance qui demande beaucoup d'engagements sans pour autant qu'il y ait un retour sur investissement. Une église investit du temps, de l'engagement, de l'argent, pour annoncer la bonne nouvelle sans qu'il y ait pour autant des résultats, des bénéfices immédiats. C'est un travail de préparation, de semence dont on espère un jour qu'il portera des fruits. Les cultes que nous célébrons, les séances de catéchisme, les études bibliques, l'utilisation des moyens internet, les visites effectués, les actes pastoraux célébrés, autant de lieux et de manières (et j'en oublie) où nous sommes présents. Et cela ressemble à un vaste océan dans lequel on jette quelques lignes, partant du principe que nous parviendrons à "accrocher" quelques hommes et quelques femmes. On peut copier la pêche industrielle et quelques groupes religieux se font un malin plaisir d'enfiler des statistiques ou d'avoir cette quête du résultat et du nombre. Moi je le souhaite également, avoir du nombre et des résultats, mais chers amis pas à n'importe quel prix. Si nous parvenons de repêcher des êtres humains des eaux profondes de la vie dans lesquelles ils se noient, et de les mettre en route aux côtés du Seigneur, alors nous aurons accompli notre mission. Prendre un poisson était une grande joie pour moi que j'étais enfant, j'avais en quelque sorte réussi. Amener un homme et une femme à Dieu, déjà l'intéresser  à se former, à chercher à se confronter à la parole de Dieu et à chercher la signification du Christ pour sa vie, ce serait une grande joie. Mais à chaque jour, il faut recommencer, il faut jeter les lignes, préparer le matériel et "appâter" le poisson. Et en l'absence de prise, on peut se décourager très vite. Mais lorsque nous y parvenons, c'est aussi parce que le Christ par son Esprit à inviter à entendre et  à écouter. Puissions nous chaque jour reprendre la pêche sans nous décourager et demander l'aide de Dieu. Amen.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-02-06 09:03:56
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Mardi 26 janvier 2010

Un coeur et une main ouverts

Les pauvres ne manqueront pas dans le pays. Et c’est pourquoi je t’ordonne, moi, d’ouvrir sur ta terre généreusement la main en faveur de ton frère, des pauvres et des indigents. (Deutéronome 15,11 - Mot d’ordre pour février 2010)

 

« Sitôt que sonne votre obole, du feu brûlant l’âme s’envole » déclarait Tetzel, celui qui vendit les indulgences au 16ème Siècle et ennemi déclaré de Martin Luther. Comme si on pouvait s’acheter une conduite et corrompre Dieu. Luther l’avait déjà compris : Dieu ne veut aucun argent, il veut notre foi, notre amour et notre engagement. L’année 2009, que nous avons laissée derrière nous, aura été celle de la crise financière et économique. Déjà fin 2008, les banques s’étaient alarmées, (certaines ont chuté sans disparaître d’ailleurs) et vite, très vite, tous les Etats occidentaux ont mis la main à la poche pour renflouer les caisses des banques. Pour les pauvres, pour l’environnement (voyez le sommet de Copenhague de décembre 2009), tout d’un coup les Etats sont moins pressés, moins engagés, moins réactifs.

Ouvrir son coeur et sa main, nous fait parler aujourd'hui de la problématique du don. Alors certains me diront aujourd'hui: "décidément l'Eglise ne pense qu'à ça !!" Vous voulez tout savoir : je serai le premier à espérer qu'un jour donner deviendra un acte normal et spontané et n'aura plus besoin de discours. Ouvrir son coeur (et là je parle une fois encore de moi), c'est laisser parler son coeur sans réfléchir, faire et agir spontanément même si cela peut paraître naïf et irréfléchi. Ainsi en est-il du don: si un don d'argent n'est pas une affaire de coeur, alors s'il vous plaît ne donnez rien, n'offrez rien. Aux yeux de Dieu et plus tard aux yeux de Jésus-Christ, le don s'inscrit dans une démarche volontaire, spontanée et désintéressée. Dès lors qu'il y a suspicion, polémique et accusation, mieux vaut s'abstenir de donner sinon nous sommes dans la caricature moyenageuse de notre ami Tetzel où avoir une place au paradis comptait plus que tout et que finalement donner était une grande opération de bonne conscience. Je suis pour le moins attristé et choqué lorsque on met en doute l'intégrité des personnes dans nos communautés. Certes, nul n'est parfait et personne n'est à l'abri de fautes, mais restons des personnes d'une grande bonté comme Dieu l'est pour nous. Certes des voix s'élèvent pour fustiger le rôle des ONG à Haïti qui se livrent une concurrence malsaine, chacun voulant semble t-il être l'apôtre de l'aide humanitaire. Et ceci me choque également quand je donne et je constate que  l'aide tarde à venir parce qu'elle passe par je ne sais combien de filtres et de canaux. On raconte que des millions destinés l'Asie lors du tsunami dorment encore sur les comptes. Je n'ose pas le croire : existe t-il un marché de la générosité où les acteurs passent leur temps à surenchérir ? Des artistes engagés pour les Resto du Coeur sont logés dans des grands palaces. Règlent-ils eux-mêmes leur note et quelle est la contrepartie ? Je me perds dans les détais et il faut revenir à l'essentiel. L'éthique du don est énoncé par Jésus dans le sermon de la montagne : "gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus, autrement vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux"(Matthieu 6,1). Le chrétien a pour premier souci de s'occuper du plus faible; "nous qui sommes forts" dit Paul (Romains 15,1), "nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas chercher ce qui nous plaît". Paul touche un autre sujet, celui du confort du chrétien, qui ne veut surtout être bouleversé ou chahuté. Dès lors qu'un chrétien proclame sa Foi, il s'engage pour le plus petit même si cela lui en coûte. Le chrétien s'engage non parce qu'il a quelque chose à y gagner (même une place de paradis ou une bonne conscience) mais parce que c'est sa vocation. Le plus grand du don est celui qui est désintéressé et dont on a pas besoin de savoir de qui il vient et de quelle somme il s'agit. Car Dieu ne collecte pas d’offrandes et n’exige aucun sacrifice si ce n’est un engagement pour le plus petit des hommes, le frère, le pauvre, l’indigent.

Jésus a fait un jour ce constat terrible : « des pauvres, vous en aurez toujours ». Les pauvres sont omniprésents dans la Bible, dans l’ancien comme le nouveau testament. Dans chaque civilisation, il y a des pauvres. La différence, c’est que la Bible ne nous demande pas de nous contenter de la fatalité et puis de conclure « c’est comme ça et ce sera toujours comme ça ». La Bible crie au scandale et ne peut se satisfaire de la fatalité. Elle dit : nous avons un devoir envers notre frère : ouvrir notre main et notre cœur sans compter, sans chercher à savoir le comment du pourquoi de la pauvreté. Ouvrir notre cœur à la souffrance d’autrui ; nous montrerons ainsi le bien fondé de notre foi.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-01-26 03:51:42
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Vendredi 22 janvier 2010

Vous en êtes témoins

Je reprends pour la circonstance (célébration oecuménique à l'occasion de la Semaine de Prière pour l'Unité des Chrétiens) ce thème énoncé dans cette parole de Jésus-Christ : "de ceci, vous êtes témoins" (Luc 24,48). Je ne peux m'empêcher en abordant ce thème de citer comme exemple, illustrant l'idée du témoignage une cour de justice, un tribunal. Un procès ne peut avoir lieu et n'est valable que si les faits sont coroborés par des témoins, autrement dit par des personnes qui ont vu, entendu les faits. Ils étaient présents et peuvent dire exactement ce qui s'est passé et à ce titre ils rendent témoignage. Ils sont libres de ne pas parler mais ils prennent alors des risques en entravant le cours ou la résolution d'une affaire. Quand il n'y a pas de témoins, il faut lancer un appel et espérer que quelqu'un ose se manifester spontanément et librement. Vous avez probablement lu déjà ces appels à témoins lancés dans les journaux. Avec un témoignage, vous pouvez sauver ou condamner une personne, en l'innoçantant ou la condamnant. Ce n'est pas une charge facile et il arrive que des témoins soient protégés, contraints de changer d'identité, de vie et de domicile parce qu'ils risquaient par leur témoignage d'être les victimes de représailles.

En ayant tout cela en tête, la parole de Jésus prend de l'ampleur. Les disciples sont en première ligne et c'est à eux qu'incombe cette lourde charge de proclamer la Résurrection du Christ dans un monde qui ne leur était pas particulièrement favorable. Les premiers chrétiens seront victimes de persécutions et confesser jésus-Christ ouvertement équivalait à la mort. L'Eglise Chrétienne à travers les siècles peut faire état de martyrs c'est-à-dire des hommes et des femmes qui invités à renier leur foi ont été assez tenaces, persévérants et forts, et surtout particulièrement convaincus qui ont préféré la mort à la trahison. L'Eglise a cette vocation de témoigner de la Résurrection de Jésus-Christ. Et nos églises, nos communautés, nos groupes savent et sont conscients qu'ils sont entourés d'hommes et de femmes qui n'a de chrétiens que le nom ou une appartenance sociologique. Combien sont-ils autour, jeunes et moins jeunes, qui ne savent pas ce qu'il faut mettre sous les termes d'Evangile et de Foi ? Ce qu'ils savent peut-être c'est que des Chrétiens se sont battus entre eux au nom de leur identité. Ils entendront dire que le christianisme est une religion de paix et d'amour et ils entendront également critiquer dans la foulée l'Eglise voisine. Jésus donnait à tous et aux non-Chrétiens, et aux non-Juifs, le droit de juger ses disciples à l'amour qu'ils auront les uns pour les autres et il rappelait justement cette phrase où toute l'importance voire même la survie du christianisme s'inscrit : "Je vous donne un commandement nouveau: aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples: à l'amour que vous avez les uns pour les autres." (Jean 13,34-35)

Aujourd'hui nous nous reconnaissons comme frères et soeurs, différents, séparés, certes mais des frères et soeurs en Christ devant Dieu, que nous pouvons et devons annoncer ensemble l'évangile à ceux qui nous entourent. La proclamation de l'Evangile est une part essentielle de la vocation de l'Eglise et la vocation des Eglises particulières. Avez-vous remarqué ? Dans chaque église, l'évangile, la parole de Dieu est proclamée à tous et en ce sens chacune est missionnaire, chacune témoigne de sa foi en Jésus-Christ. Dans l'Acat (Action Chrétienne pour l'Abolition de la Torture) nous témoignons et nous refusons que l'on porte atteinte à l'intégrité physique et morale de n'importe quel individu sur la terre. Nous ne décourageons pas même si nous ne sommes pas nombreux et même si nos nouvelles ne sont pas terribles. Mais nous croyons qu'une souffrance portée en prière peut déjà alléger un fardeau.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-01-22 15:53:55
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Vendredi 22 janvier 2010

Aujourd'hui la parole est accomplie

C'est un samedi qui s'annonce comme tous les autres. Les fidèles se rendent à la synagogue et comme chaque samedi ils entendront la parole de Dieu. Et comme chaque samedi également, ils écouteront les promesses des prophètes et ne pourront peut-être pas s'empêcher de s'entendre dire : "Ah oui, autrefois..." ou "et demain si et quand..." Finalement les fidèles repartent ayant entendu pour la énième fois ces textes qu'ils connaissent presque par coeur et avec lesquels ils ont du mal à faire quelque chose, à traduire ces promesses dans le quotidien de leur vie et à se projeter dans un avenir proche. Alors aujourd'hui est un samedi comme les autres pour la communauté juive de Nazareth et comme il est de coutume, un lecteur lit la parole de Dieu. A une exception près aujourd'hui; ce lecteur se nomme Jésus et il fait plus que de lire la parole de Dieu. En effet, Jésus interprète ces paroles du prophète Esaïe après avoir soigneusement roulé le livre et posé à l'endroit destiné. Il se rassied et après un interminable suspense (les yeux étaient fixés sur lui, Luc 4/20), il proclame: Aujourd'hui cette parole de l'Ecriture que vous venez d'entendre, est accomplie (Luc 4/21).

Jésus parle ni d'un temps passé désormais révolu, ni d'un avenir incertain. Il parle d'aujourd'hui, de maintenant, il parle de la réalité d'un quotidien qui cesse enfin de ressasser un passé certes passionnant mais qui paralyse plus qu'il ne construit. Jésus casse les habitudes et pour ceux et celles qui pensaient rentrer tranquillement chez eux, comme d'habitude, eh bien c'est raté. Personnellement j'ai pour ma part toujours en mémoire mes programmes habituels du Dimanche quand j'étais enfant. Lever à 7h30, toilette et petit déjeuner, culte à 9h15, retour à la maison, repas familial du Dimanche et l'après-midi, la longue après-midi devoirs de classe ou lecture car les mois d'automne et d'hiver étaient bien longs en Alsace même si les journées sont courtes. Réglé comme on dit si bien comme du papier à musique, de plus à l'église on rencontrait souvent les mêmes personnes dont on se demandait s'ils venaient par habitude ou par intérêt, ou tout bonnement pour colporter les derniers ragots du village. Pendant des années, Dimanche après Dimanche, ce rituel, ce déroulement a marqué mon enfance et je ne pouvais pas m'imaginer à quoi ressemblait un dimanche sans culte. Eh oui, ces chères habitudes, bien rôdées, bien structurées, surtout pas d'accrocs et surtout ne changeons rien de peine d'être des oiseaux de mauvaise augure... Et pourtant, Jésus s'en va bouleverser les habitudes. En interprétant la parole de Dieu, il bouscule un rituel et une phrase suffit pour semer le trouble. La parole des prohètes est accomplie, proclame t-il. Comment cela peut-il se faire ? Les Romains occupent la place, la population est opprimée, privée de ses libertés d'action, comment une parole prophétique peut-elle être accomplie alors que dehors on ne voit rien et l'avenir n'inspire que peu d'espoirs ? La parole est accomplie redit Jésus, une parole qui annonce un temps nouveau où ceux qui sont malades, prisonniers et oppressés sont libérés de leur poids. Ceci s'accomplit par le Fils de Dieu, envoyé dans le monde pour annoncer la bonne nouvelle de la rédemption et de la délivrance. La Bonne Nouvelle qui est proclamée, est-ce qu'elle nous inspire ou finalement l'écoutons nous comme une rengaine qui revient à chaque fois ?

Quand quelque chose change dans le cours de nos habitudes, nous sommes souvent désorientés, bouleversés et puis les habitudes nous rappellent que nous sommes des enfants bien élevés, éduqués et civilisés et ne font que suivre et appliquer à la lettre ce que nous avons appris alors que nous étions enfants et transmis par nos parents. La parole de Dieu n'est une méthode d'éducation qu'il s'agit de plaquer sur notre vie quotidienne. Elle est parole de vie et ce qui est vivant, bouge, tressaille et se manifeste. Et voilà la question fondamentale qui nous est posée et qui nous est posée à travers le thème de la Semaine de Prière pour l'Unité des Chrétiens: est-ce que la parole de Dieu me touche et suis-je prêt et désireux de témoigner de ce qui fait ma foi? Je vous rappelle que le thème 2010 de la prière est cette parole du Christ "de tout ceci, vous êtes témoins" (Luc 24/48). C'est tout l'enjeu de ce texte, qui semble au premier abord fort anodin voire anecdotique mais en y regardant une deuxième fois, on mesure l'importance et la portée la parole du Christ. Tout est accompli dira Jésus sur la croix comme pour marquer la fin de son cycle terrestre, comme pour signifier qu'il est allé au bout de la prophétie et des promesses et que Dieu n'a pas renié. Mieux encore, il conforte cette alliance des hommes et des femmes qui oseront proclamer, lire sa parole et qui oseront également témoigner de leur foi dans un monde qui ne leur est pas forcément acquis.

Je terminerai par cette prière issue du cahier de préparation de l'Unité Chrétienne : Seigneur, toi qui es notre Créateur, nous te louons pour tous ceux qui témoignent de leur Foi par leurs paroles et leurs actions. En vivant pleinement notre vie, nous sentons ta présence aimante dans les nombreuses expériences que tu nous donnes de connaître. Fais que nous soyons unis dans notre témoignage commun quand nous célébrons la vie, toi que nous bénissons, toi qui est l'auteur de toute vie. Amen.

 

 


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-01-22 03:49:22
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Samedi 16 janvier 2010

Qu'y a t-il entre toi et moi ?

 Qu'y a-t-il entre toi et moi ? Dans cette question, Jésus nous donne la signification du miracle qui a lieu à Cana (Jean 2, 1-11). Ce n'est pas ine marque d'insolence à l'égard de sa mère, comme nous le verrons tout de suite.

Mais tout d'abord je ne peux m'empêcher de penser à toutes ces nuits blanches où l'on se passe et repasse tout le déroulement d'un mariage. Il y a toujours des imprévus à un mariage et même à Cana cet imprévu se produit. Il n'y a plus de vin et cela est particulièrement embêtant. Les noces en Palestine du temps de Jésus n'avaient rien à voir avec les mariages d'aujourd'hui où tout doit défiler en 24 heures. Elles duraient plusieurs jours. Or voilà que le vin manquait; la remarque vient de Marie comme si elle avait été impliquée dans l'organisation. Quel est le sens de cette remarque ? Peut-être un signal donné par la mère à Jésus et à ses disciples, qu'il fallait partir. Jésus n'avait pas encore de miracles; aussi ne fallait-il pas voir cette remarque comme une exigence de miracle. Pour chaque mariage à l'époque, chacun se mettait en compétition histoire de fournir aux invités la sensation d'un moment unique. Etant invité à plusieurs mariages avant de fêter le mien, je notais soigneusement ce qui me plaisait et ce qui me plaisait moins en espérant ne pas renouveler les erreurs. Mais comme j'ai compris par la suite; il y a des choses, des événèments qui nous échappent et que nous ne maîtrisons. Et en effet pour ce couple, le problème de la boisson en l'occurrence le vin les a dépassé. Marie, ne voulant ni indisposer les mariés, ni ennuyer Jésus, semblait plutôt l'inviter à quitter discrètement le lieu. Or voilà la différence de ton et d'attitude de la mère et de son fils, qui amène cette question, transcrit littéralement d'après le grec, quoi pour moi et quoi pour toi. Là ils ne sont plus au même niveau.

 

Jésus va donc réaliser ce miracle unique  de changer l'eau en vin: un élément naturel (l'eau) est transformée en un autre (le vin). Il n'y qu'une correspondance biblique : c'est l'eau changée en sang (Exode 4,9+ Exode 7,17-21), une des plaies contre l'Egypte. Ce changement de nature est quand même un cas unique dans la Bible. Sur la manière de faire, il y a à noter que Jésus demande aux serviteurs du mariage de remplir les cuves d'eau. C'est une demande intéressante car ces cuves de pierre sont uniquement destinées à l'eau nécessaire aux rites de purification. Théoriquement on met le vin dans des jarres d'argile. C'est dans ces jarres où se trouve l'eau qui n'est pas destinée à être bue, cette eau va devenir du vin, à la grande joie des invités et surtout des mariés qui ont en quelque sorte sauvé à la fois leur réputation et leur mariage. Ce ne sont pas moins 600 litres d'eau qui sont devenus 600 litres de vin. Ce vin est bon et les invités le font remarquer (v.10). Autre élément qui est donc apporté dans ce texte et dont la surabondance et la saveur du vin sont les signes des temps nouveaux ceux du Messie comme l'énoncent les prophètes Amos et Joël (Amos 9,13 et Joël 4,18). L'évangile de Jean ne donne aucune explication scientifique sur cette transformation. Cela est un miracle inexpliquée et inexplicable car le sens est effectivement ailleurs : l'eau a exprimé dans la loi juive le côté utile c'est à dire la purification et la soif. Le vin lui inaugure celui d'un temps nouveau, celui de la joie, celui de l'accomplissement des prophéties, ce temps où désormais, il ne faudra pas passer par une pléthore de rites pour être sauvé. Ce temps nouveau est celui du Christ.

 Jésus prend en charge l'ordinaire de notre vie pour l'inonder, le remplir des prémices de son royaume jusqu'au jour où nous serons les invités du festin éternel, ce repas de noces auprès de Dieu où nous nous retrouverons assis à sa table. Nous serons reçus, comme des invités à un mariage, avec une place réservée, un carton approprié, et surtout, pardonné, sauvé et vivants pour l'éternité. Ainsi les noces de Cana préfigurent ce qui nous attend. Que nos rencontres et nos moments cultuels puissent être des premiers signes de ces noces avec l'Agneau. Amen.

 

 

 

 

 


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-01-16 11:45:25
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Jeudi 7 janvier 2010

L'importance d'un fondement

Quand un capitaine de vaisseau part en retraite, et s'il avait une dernière chose à emporter, ce serait probablement une ancre. Vous pouvez avoir les bateaux et les navires les plus sophistiqués, techniquement à la pointe du jour mais une chose n'a pas bougé, c'est l'ancre. Car de la télévision ou du dernier high-tech, on peut se passer sur un bateau. Mais d'une ancre, vous ne pourrez pas vous en passer. Ce n'est pas un simple accessoire, ni un gadget de plus sur un bateau. L'ancre est une pièce essentielle et maîtresse d'un navire, ou quelque soit le type de bâtiment flottant, de la barque au ferry, de la chaloupe au superpétrolier. Un bateau peut être parfait, équipé de la dernière technologie à bord et brillé de mille feux, s'il n'a pas d'ancre, c'est un gros risque flottant. Une ancre  donne au bateau son assise; elle lui donne une base et un fondement. Je ne vais pas vous faire l'histoire de la navigation ce matin mais depuis près de 1600 ans les marins ont conscience de l'importance d'une ancre même si au début on lestait des sacs de pierre et de sable afin que le bateau ne bouge plus. Cet élément du bateau nous paraît si normal, si évident qu'on en viendrait à oublier son importance et sa nécessité.

L'ancre pour notre vie, nous dit Moïse, est l'amour (ou la crainte) de Dieu. Les dix commandements s'ouvrent  avec ce verset : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force" (5ème livre de la Bible, en l'occurrence le Deutéronome 6,5). Cela peut apparaître pour certains comme une parole rouillée de souvenirs de catéchisme. Et pourtant, en Dieu, ma vie trouve une assise. Ce n'est une médaille d'or, une distinction émérite ou le gain de la loterie nationale qui me permet de surmonter les turbulences de la vie. Je ne réussirai sûrement pas toujours et je ne serai pas capable de briller en toute situation. Mais j'aimerai être ancré en Dieu; lui me donne la force et la stabilité. Fort de cette conviction et cette disposition, nous pouvons affronter en personne individuelle ou en église, toutes les tempêtes de la vie et de l'histoire, toutes les vagues et les houles qui nous font si souvent dévier de notre trajectoire initiale. Tout dépend de l'ancre de nos vies. "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu !"

Chers amis, c'est le verset de la Bible qui est le plus connu, lu et appris. Chaque hébreu pratiquant le récite deux fois par jour, matin et soir. S'il meurt, il part avec cette confession sur ses lèvres. La première phrase est le premier des dix commandements. "Je suis ton Dieu" et le deuxième mot Martin Luther l'a résumé ainsi dans son Petit Catéchisme : "nous devons craindre Dieu par dessus tout, l'aimer et lui faire confiance". Jésus le désignait d'ailleurs comme le plus grand des commandements.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-01-07 15:15:27
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Samedi 2 janvier 2010

les oubliés de la crèche

Il m'arrive quand je prépare Noël à en oublier les mages. Le texte de Matthieu 2,1-12 est lue plutôt le jour de l'Epiphanie et nous ne retenons que le récit tel qu'il est rapporté dans Luc pour les offices de Noël. Les bergers sont interpellés directement par Dieu. Les mages par contre cheminent en suivant une étoile. Cette étoile les a frappé, eux les spécialistes des astres par son éclat et par sa persistance. En voyant l'étoile à son lever (au lieu d'étoile en Orient - v.2), ils voient apparaître un luminaire spécial, qui détermine le départ des mages de leur pays, qui leur réapparaît sur le chemin de Béthléem et qui s'arrête sur le lieu où était le petit enfant. Telle est l'opinion de Calvin qui relie la lumière à celle qui resplendit aux yeux des bergers. Ils en concluent qu'un événement a eu lieu, un grand événement qui bouleverse l'ordre des choses. Ils se mettent en route, sur une route difficile et semée d'embûches, n'importe ils sont motivés, ils ont envie de savoir ce qui se passe derrière cette étoile. Mesurant déjà la grandeur de l'événement, ils se disent que cela doit se passer dans un lieu où se focalise le pouvoir. Ils s'en vont voir le fourbe et rusé Hérode, qui passé par l'amusement par leur accoutrement, s'enquiert très vite de l'événement. La seule chose qui compte pour lui, c'est son pouvoir et son premier (et peut-être unique objectif) c'est de ne pas le perdre. Les sages autour de lui parlent d'un sage, d'un Messie et Hérode a bien vite compris : là il ne s'agit plus d'un illuminé qui prêche dans le désert et rameute des foules. Il s'agit carrément de toute l'espérance d'un peuple qui prend forme et que lui n'incarne pas du tout. Donc en bon politique qu'il est, il va se servir de ces trois étrangers pour avoir des renseignements et les laisse partir, attendant leur retour pour avoir les confirmations nécessaires et probablement pour les éliminer: cela fera toujours des témoins de moins.

Au-delà de tout le folklore qui entoure les mages, les rois ou les savants, il est à souligner la profonde détermination de ces trois hommes venus de nulle part. Matthieu nous dit qu'ils viennent d'Orient et qu'ils ont entamé un sacré périple pour en savoir plus sur leur recherche et leur étonnement au sujet de l'étoile.  La détermination et la volonté les animent, les font voyager et accepter un long déplacement. Et à ce titre, ces trois hommes méritent notre respect et notre attention: ils nous donnent un exemple sur l'engagement concret qui va au bout des choses et au bout de la route, sans dévier de la trajectoire, sans se laisser influencer par les rumeurs, sans se laisser envahir par la résignation. Leur voyage leur servira à quelque chose, voilà bien la finalité de leur marche.

Les mages n'étaient pas n'importe qui chez les Perses; ils formaient le conseil secret des rois, une sorte de comité des sages et administraient les affaires religieuses. Daniel fut établi sur cet ordre des sages qui existait à la cour de Babylone (Daniel 2,48). Nos mages appartiennent  à cette classe respectée et écoutée et n'a rien à voir avec des hommes qui exploitaient la crédulité populaire comme les exemples de Simon et Elymas (voir Actes 8,9 et Actes 13,6-8). Ceux qu'on a donc tendance à oublier ont toute leur place. Avec le salut, il en est de même. Dieu se révèle à travers une grande nouvelle qui nous n'aurons de cesse à répéter et à formuler : Aujourd'hui parmi vous, il vous est né un Sauveur. Les mages sont allés au bout de leur périple pour voir et s'en rendre compte: nous voilà invités à en faire de même. Ne jamais se lasser de chercher Dieu afin de l'adorer. Le salut est venu à notre rencontre. Amen.

 


ticadime | Ajouter un commentaire | 2010-01-02 02:50:53
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Samedi 26 décembre 2009

Que votre coeur ne se trouble pas !

A la fin de l'année, nous n'échappons pas à cette coutume de faire une rétrospective. Nous allons nous rémomerer tout ce qui s'est passé pendant cette année 2009, en bien et en moins bien. Je vous transmets le mot d'ordre pour l'année 2010: "que votre coeur ne se trouble, croyez en Dieu et croyez en moi !" (Jean 14,1)

Nous sommes en plein dans les longs discours d'adieux de Jésus et les disciples n'en reviennent toujours pas. Jésus annonce son entrée dans la Passion (mort et résurrection). Partir c'est mourir un peu pour reprendre cette citation d'Alphonse Allais, qui poursuit : mourir c'est partir beaucoup. Certes la vie est faite de séparations, de deuils et souvent dans ces cas à part de perdre une personne, nous perdons bien plus. Il ne reste plus que les souvenirs, qui ne pourront plus être vécus, peut-être reste t-il des regrets. Mais pour les souvenirs et les regrets, il est désormais trop tard. Nous entrons alors dans une période de tribulations, de tourmente, de trouble. Nos fondations peuvent  même vaciller.Jésus est conscient de cela : avec ses disciples mais également avec d'autres femmes, d'autres hommes, Jésus a vécu des expériences fortes, il a partagé et proclamé la parole de Dieu non comme des jugements mais comme des paroles salvatrices et guérissantes. Oui il a fait le bien. Et voilà d'après ces nouvelles informations, tout s'arrêtera. La fin d'une belle histoire est proche. Jésus cependant met en avant la confiance en Dieu et en lui-même. Celle ci même après une séparation ne sera pas trahie.


ticadime | 1 commentaire | 2009-12-26 06:05:08
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Samedi 19 décembre 2009

Au service de Dieu, tout simplement

 Qu'est ce qui relie les noms de Myriam, Anne et Marie dans la Bible? La réponse est que chacune d'entre elles sera à l'origine d'un cantique. Myriam, soeur de Moïse qui chante en Exode 15,21 la victoire du Seigneur sur les cavaliers du Pharaon. Anne se réjouit de la naissance de son fils Samuel (1 Samuel 2, 1-10) et enfin Marie.

  En ce quatrième Dimanche de l'Avent, le chant de reconnaissance et de joie de Marie, est au programme de notre méditation. En titrant mon propos "au service de Dieu, tout simplement", je veux m'associer à ses paroles. " Dieu a jeté ses yeux sur ma bassesse, le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses". Je reprends sans prétention ses paroles en cherchant à donner un sens à mon propre engagement. Dieu m'a fait miséricorde à moi qui suis souvent loin de ses commandements et de ses exigences. Et pourtant, il m'a choisi, comme jadis il a choisi Marie, une jeune femme sans importance. Si nous avions été Dieu, nous n'aurions sûrement pas choisi Marie. Nous aurions choisi une femme d'expérience, de grande réputation, une pointure dans le monde. Sûrement pas une jeune fille comme Marie, sans expérience, inconnue, qui n'a encore rien prouvé. Comme quoi les pensées de Dieu ne sont pas celles des hommes et ceci est bien ainsi. Personnellement j'ai toujours des boutons quand on me parle de critères d'embauche, de profil ou de pedigree comme si le choix d'un candidat dépendait de tout ce qu'il a fait et non de ce qu'il est. Nous ne sommes pas réduits à concours de beauté pour chien ou chat, où bien sûr le pedigree est très important. Etant arrêté au registre des élections, je me permets d'ajouter que Michée, que nous venons de lire (Michée 5,1-4), est un prophète paysan, avec les pieds sur terre et sans langue de bois. Les grands ne portent pas ce genre de personnage forcément dans leur coeur, surtout s'il met le doigt là où cela fait mal.

Aujourd'hui Marie se trouve donc embarquée dans une sacrée histoire, qui marque à jamais son existence. Elle reconnaît la toute puissance de Dieu devant laquelle elle ne peut que s'incliner, elle est convaincue que Dieu remet les puissants à leur vraie place et elle croit que Dieu est miséricordieux avant d'être colérique ou revanchard. Elle a confiance alors qu'elle ne sait pas encore dans quoi elle s'engage, elle ne peut pas encore mesurer les on dit et les murmures qui seront fait à l'égard de sa personne. Bref, elle y va pratiquement les yeux fermés avec pour unique garantie, la foi que Dieu ne la lâchera pas. A ce titre, Marie est pour nous un témoin exemplaire à l'unique service de Dieu et des autres. La suite nous la connaissons: Marie accouchera de Jésus après un périple à Béthléem (voyage et recherche fructueuse d'un endroit alors que la ville est en effervescence à cause du recensement qui y est organisé). Elle fera l'expérience de la présence de Dieu dans sa vie. Puissions nous vivre cette même et forte expérience, et pourquoi pas devenir l'humble servant et messager de l'amour de Dieu. Amen.

 


ticadime | 1 commentaire | 2009-12-19 09:31:30
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Vendredi 4 décembre 2009

la patience

Je suis par nature impatient. Pour vous dire la vérité, j'adorerai bricoler. Mais je n'ai pas la patience d'un bricoleur, celle qui ne se décourage pas devant un problème et qui prend son temps pour le résoudre. Je suis donc à ce titre en admiration devant un homme à tout faire, quelqu'un qui sait parfaitement manier sa main droite et sa main gauche. Dans la Bible et je dis ceci aussi un peu pour rassurer celui qui n'a qu'une main gauche, il y a des exemples d'impatients.  Le peuple d'Israël par exemple qui perd patience avec Moïse et qui a surtout faim, commençant même à regretter le bon temps de l'esclavage en Egypte (Nombres 20,10) et se rend célèbre dans cet épisode par ses murmures. L'impatience de Marthe avec sa soeur Marie en Luc 10,40, qui au lieu de lui donner un coup de main dans les tâches ménagères, écoute (boit) les paroles de Jésus. L'impatience moins connue des fils de Zébédée, Jacques et Jean, qui s'insurgent devant le manque d'hospitalité des Samaritains demandant à Jésus de les consumer par le feu (Luc 9,54). L'impatience pour finir de Jonas, mécontent de Dieu, et qui exige de Dieu qu'il vienne lui donner la mort et d'autant plus que le prophète persiste et signe en se disant même fâché avec Dieu (Jonas 4,8+9) parce que les choses ne se sont pas passées comme il le voulait. Sans aller plus loin, nous nous reconnaissons bien dans ces quelques exemples ou du moins moi je m'y reconnais, je ne sais comment c'est pour vous.

Quand j'étais petit, j'étais impatient d'être adulte et maintenant il m'arrive de penser combien j'aurai dû profiter de ce temps d'insouciance et peut-être de ne pas se faire trop de soucis. Or souvent à être trop impatient, on perd des choses importantes. En Jacuqes 5,7, le terme grec parle de persévérance dans la patience. Dans ce verset, la formule "prendre son mal en patience" est adéquat. Et cela est particulièrement difficile; je pense à toutes les personnes qui souffrent, qui prennent leur mal en patience, en espérant une guérison rapide, pour d'autres encore une guérison hypothétique. Je pense à ces longues files qui ont existé en Europe de l'Est il y a environ 20 ans où des personnes faisaient la queue dès 3 heures du matin pour attendre l'ouverture de l'épicerie et espérer un morceau de viande pour 9 heures. Il faut être persévérant pour ne pas perdre courage.

L'apôtre Jacques nous parle de l'avènement du Christ, de son retour, qui est une affaire de patience. Il cite l'exemple du cultivateur qui attend patiemment que sa graine pousse et porte du fruit; il est obligé de laisser passer le temps de la saison avec sa pluie,  son soleil  et sa lune pour enfin un jour cueillir le fruit. Et alors là, à ce moment, c'est le jour d'une grande joie et d'une grande satisfaction. En ces quelques mots, nous avons résumé l'état d'esprit de ceux qui attendent, attendent encore, attendent toujours, certes avec l'assurance qu'un jour Jésus reviendra. Beaucoup ont perdu patience, n'ont plus cette flamme des nouveaux convertis, ils sont justement lassés parce qu'ils ont vu et voient encore, et le pointent souvent en insistant lourdement, que rien ne change, n'a changé et apparemment ne changera pas.  Alors ils préfèrent de loin faire autre chose. Je ne peux que confesser mon impuissance devant cette lassitude, et je ne peux que réaffirmer l'exhortation et l'invitation du Christ: veillez et priez car vous ne savez ni le jour, ni l'heure.

Comment fait-on pour tuer l'ennui et la lassitude ? En s'occupant, en meublant au maximum le temps. Occupons-nous notre temps à prier, à visiter celui qui est prisonnier, malade, consoler les tristes et les dérpimés, motiver ceux qui sont lassés. C'est un vaste programme qui ne nous permettra pas de nous ennuyer.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2009-12-04 15:34:18
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Vendredi 27 novembre 2009

La place de l'amour

Une fois de plus, il est question de l'amour du prochain. Encore une fois, vous allez entendre une rengaine qui m'est chère. L'expression de la foi chrétienne passe par l'amour du prochain. Sans cela, nous ne sommes rien et rien ne vaut la peine d'être commencé. Car débuter l'année liturgique par une répétition est un événement. "Celui qui aime les autres, dit Paul, a obéi complètement à ce qu'ordonne la loi" (Romains 13,8). La loi que cite Paul (v.9) concerne des commandements qui porte atteinte à autrui. "Ne commets pas d'adultère" est une atteinte à la confiance et la relation de Dieu avec son peuple a souvent été comparée à un mariage où chacun de deux parties promet fidélité et amour. La trahison et le mensonge sonnent souvent le glas de toute union. "Ne commets pas de meurtre" est une atteinte à la vie d'autrui, la vie qui pour Dieu a un caractère sacré. Toute personne mérite de vivre aussi imparfaite soit-elle. Moi, je suis choqué quand dans les milieux chrétiens j'entends des justifications de la peine de mort. Certes un viol, un meurtre, des tortures sont impardonnables et sommes-nous habilités par Dieu à condamner des gens à mort. Sommes-nous Dieu pour juger ? Seul Dieu détient les clés de la vie et de la mort. Dieu jugera en son temps, faisons donc confiance. "Ne vole pas", rien de tel pour vous mettre en boule le jour où vous êtes volés en ayant abusé de votre confiance. C'est encore pire quand ce sont des membres de votre famille ou des proches qui vous volent. "Ne convoite pas", là nous touchons au coeur même des discordes et des conflits entre les êtres humains. Je convoite et je désire ce que l'autre a et que je n'ai pas ! Et parfois je suis prêt à tout, même à marcher sur des cadavres s'il le faut. Combien de familles sont en conflit parce que des biens, de l'argent sont au milieu d'eux et ternissent toute relation. Et avec tout cela, j'en viens à mon sujet: "et l'amour dans tout cela ?"

Nous clamons haut et fort que nous sommes contre l'adultère, la convoitise, le vol, le meurtre, j'ajouterai le faux témoignage et sommes nous donc aussi parfaits et en accord avec nos idéaux en regardant nos vies d'un peu plus près. Il y a une maxime qui permet de nous repositionner en toute occasion et devrait être notre baromètre quotidien : ce que je ne souhaite pas qu'on me fasse, je dois et je veux ne pas le faire subir aux autres. C'est une règle déjà annoncée par l'Evangile.

Si l'on doit définir ce qu'être chrétien veut dire, il faut citer effectivement ce commandement dernier : "aime ton prochain comme toi-même". Accomplir cela est déjà difficile et nous sollicite chaque jour. Ce qui m'indispose voyez-vous de plus en plus, est l'égoïsme et l'individualisme. Pour l'amour, cela signifie respecter l'autre, respecter sa place, sa fonction et son rôle même si je ne suis pas en accord avec ce qu'il fait.  La route, la circulation automobile est le temple même de l'individualisme. Chacun semble faire comme si la route lui appartenait alors que la route est le bien de tous. Le respect, voilà une valeur à remettre au goût du jour.

Le risque est que ces fâcheuses attitudes se répercutent sur toute communauté et en particulier sur des communautés ecclésiales. Si Dieu me prête vie et courage, je ferai une fois tout un énoncé dans un écrit sur toutes les bêtises et énormités qu'il faut entendre: les faux témoignages, les allusions, les jugements rapides et expéditifs sur tel et tel. A entendre des choses, on a parfois l'impression que la communauté ecclésiale est faite de monstres. J'exagère volontiers et il y a des moments où il faut dire stop, ça suffit maintenant. Le Christ le déclare: si tu as quelque chose contre ton frère, va lui dire, avant de te présenter devant lui et d'aller à son autel. Si tu n'as rien à dire, alors tais-toi à jamais ! Soyons également respectueux de notre personne et cela s'appelle l'honnêteté et la sincérité.

La force de notre engagement réside dans le respect d'autrui et de toute autre, et par la même occasion nous respectons l'Autre, Dieu lui-même. Il s'agit également d'être honnête avec soi-même, se remettre à sa place et savoir que Dieu aime tous les hommes sans exception, quoiqu'ils aient fait. Peut-être à partir de là, pouvons-nous oser des signes de réconciliation et de pardon. Amen.

 


ticadime | Ajouter un commentaire | 2009-11-27 02:57:00
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Samedi 14 novembre 2009

La fin d'un monde

"Vois-tu ces grandes constructions ? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne se soit renversée" parole de Jésus (Marc 13,2). Alors que les disciples s'extasient sur la beauté de Jérusalem, Jésus relativise. Les constructions peuvent être aussi solides, lorsque la fin du monde interviendra, rien ne résistera. Même pas les abris anti-atomiques que vous trouverez dans pratiquement chaque habitation suisse. Mais de quelle fin du monde Jésus parle t-il ?

N'omettons tout d'abord pas un détail qui a son importance : Jésus  est à la veille de sa passion, ce temps où sa fin sonne, faite d'arrestation, de violence, de faux témoignage et de crucifixion. Jésus lui voit sa propre fin, celle de sa vie, de sa mission et prédit des temps difficiles (qui s'avèreront exacts) pour ses disciples soumis à une période de tribulations et de persécutions. Ce type de monde est appelé à disparaître avec l'avènement du royaume de Dieu. Les deux grandes questions sont les suivantes : le Royaume de Dieu viendra t-il vraiment et quand ? Jésus y répond : "pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le fils, mais le Père. Prenez garde et veillez et priez car vous ne savez quand ce sera le moment" (Marc 13,32-33).

La terre et le ciel passeront avec tout ce qu'ils ont d'insupportable : la violence, l'injustice, la mort et la détresse, la destruction des espèces et l'exploitation économique à outrance. Tout ceci n'est pas éternel. Il y aura des signes: la nuit tombera, l'obscurité chassera la lumière. Jésus promet pourtant: "quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l'Homme est proche" (Marc 13,29).

Malheureusement beaucoup de faux prophètes profitent des peurs et des craintes d'hommes et de femmes impressionnés par le rythme effrené des catastrophes naturelles, par le chaos, la faim dans le monde. Déjà à l'époque de Jésus beaucoup espéraient dans la venue d'un Messie. Les disciples et autres suiveurs avaient eu le privilège de le côtoyer. Et longtemps après son ascension auprès du Père, ils ont cru que son retour était imminent. Des scénarios catastrophes et des visions apocalyptiques ont nourri le monde chrétien et même extra chrétien. D'autres ont même pensé qu'ils pouvaient se sortir de toute détresse et misère par leurs propres forces. Le deuxième couplet de l'Internationale repris par les communistes (composé en 1871 par un dénommé Pottier) nous dit ceci :  Il n’est pas de sauveurs suprêmes :  Ni dieu, ni césar, ni tribun, Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !  Contrairement  à ce que cet hymne professe, nous avons un sauveur car même les systèmes politiques et toute sorte de système (sûrement nos systèmes et nos fonctionnements d'églises), ne pourront subsister à ses côtés. Beaucoup de choses vont disparaître. Des réalités qui occupent une grande place et qui ne méritent d'être valorisées à ce point, vont être réduites à néant. Jésus ne vient pas pour faire le ménage dans notre monde, pour tout raser, mais pour nous aider à mieux vivre et à mieux investir nos énergies humaines et spirituelles.

Alors aujourd'hui, nous sommes déjà invités à faire confiance à Dieu notre père céleste comme Jésus a fait confiance alors que devant lui se projetait toutes sortes d'épreuves. Nous sommes invités à faire le tri de nos priorités, le tri de nos affaires car nous avons cette fâcheuse manie de vivre comme si tout était éternel à nos côtés, indispensable et nécessaire. Dieu tient tout dans ses mains (Hébreux 10,11-18). Et si tout le monde ne voit que désastres et problèmes, si de petits désastres pèsent sur nos coeurs, vous les disciples du Christ, vous êtes différents des autres. Ne vous résignez pas, ne baissez pas les bras,ni la tête. Le Seigneur vient et avec lui un règne de paix et de justice.Amen.

 


ticadime | Ajouter un commentaire | 2009-11-14 09:34:10
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Vendredi 6 novembre 2009

une histoire de don

Je trouve à vrai dire cette scène particulièrement cocasse. Jésus est assis à l'entrée du temple à côté des troncs destinés à recueillir les offrandes et il observe.  Il réagit quand une veuve met deux pièces en (de) cuivre (tiens cela nous rappelle nos pièces de cuivre en euro cents). Jésus ne regarde pas combien nous donnons, mais comment nous donnons.

Je n'ose pas imaginer la bronca le jour où l'on affichera les noms de nos généreux donateurs (en ordre décroissant bien sûr en partant du plus grand donateur au plus petit). J'étais traumatisé le jour où j'ai vu ce type de liste affiché dans la vitrine de l'église aux yeux de tout public. Si nous affichions une liste de ce type nous serions probablement surpris par les noms qui apparaîtront. Mais cela vous le saurez quand nous serons dans le secret de Dieu à sa droite au paradis. Sachez pour le moment que la morale de cette histoire n'est pas de savoir les montants exacts que tout un chacun donne. Tout est une question de disposition de coeur. Est-ce que je fais une offrande de bon coeur, ou pour bien me faire voir, ou par obligation, ou pour remplir les conditions d'un membre d'une association même si elle n'est que cultuelle.

Jésus en tout cas nous donne les éléments des dispositions de coeur. D'abord donnons avec joie: "Que chacun donne comme il l'a résolu en son coeur, sans tristesse, ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie" (2 Corinthiens 9,7). Ensuite donnons sans compter, ni calculer : "Quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pasce que fait ta main droite" (Matthieu 6,3) et "donnez plutôt l'aumône du fond du coeur, et tout sera pur pour vous" (Luc 11,41). Donner sans savoir ce que fait la main droite, sans aller à la chasse aux statistiques. le thème du don et de l'offrande occupe une grande place dans la Bible et il insiste particulièrement sur la bonne disposition du coeur. Une offrande est une offrande si elle vient du coeur. Et je voudrais profiter pour remercier nos généreux donateurs d'avoir un coeur dévoué pour le don et non un coeur de pierre suspicieux et sévère. Jésus va aujourd'hui un peu loin: pour que le don soit un don, il faut qu'il nous en coûte ! Souvent nous donnons le superflu pour nous en débarrasser: ai-je donné par contre ce qui vraiment comptait pour moi. Et si imaginons nous un instant, le récipiendiaire était Dieu en face de nous et que nous lui réservions que ce qui pour nous ne vaut plus rien, ne compte plus. De quoi aurions-nous l'air ???

Mettre à part le premier jour de la semaine (donc le dimanche, 1 Corinthiens 16/2) pour Dieu et le service de son assemblée, voilà ce que la Bible également demande avec les fameux 10%, la dîme de tous les revenus. Tout est donc une question de disposition de coeur, d'un coeur libre et joyeux. Jésus le rappelle en Luc 12,15: "la vie d'un homme ne dépend pas de ce qu'il possède". Sage réflexion pour un monde qui prétend tout pouvoir s'acheter mais qui oublie alors l'essentiel: qu'ai je fait pour autrui et est-ce que cela m'en a coûté ou n'est-ce que le superflu du superflu.

 


ticadime | Ajouter un commentaire | 2009-11-06 15:56:29
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Vendredi 30 octobre 2009

Jugé un jour, jugé pour toujours...

Nous sommes, nous les êtres humains, des spécialistes des a priori et des préjugés. Il peut arriver qu'au premier coup d'oeil nous ayons déjà jugé autrui parce que sa tête ne nous revenait pas. Cela se nomme dans le jargon moderne, la discrimination. Avant même que la personne, l'homme et la femme devant moi, ne prononce un mot, notre esprit et notre coeur a déjà prononcé la sentence. Quoiqu'il (elle) fasse, cela ne vaudra rien. Il est très difficile voire impossible de se défaire ensuite de cette image négative. On se réfugiera pour justifier ces agissements et cette disposition d'esprit, qu'entre lui et moi il n'y pas d' "atomes crochus".

En Jean 5,24-29, l'Evangile aborde un thème important. Il s'agit de l'autorité et là il est question de l'autorité de Jésus-Christ. Ce qui est étonnant (mais probablement nécessaire) c'est que Jésus justifie sa mission parce qu'il est le Fils de Dieu et c'est Dieu qui l'inspire (v.19-23). Oh combien le verset 24 illustre clairement une part du destin de Jésus. Lui-même sera jugé à partir de faux témoignages et ceux qui pouvaient le défendre n'étaient pas là. Jésus croit à sa mission comme il croit à la présence du Père à ses côtés, même si pour lui c'est une évidence indiscutable. "Celui qui entend ma parole et croit en celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle; il ne vient pas en jugement, il est passé de la mort à la vie". Jésus rappelle que seul le jugement de Dieu compte; le jugement des hommes de toutes façons n'est pas neutre. Jésus affirme également que la foi en l'Evangile donc en sa Parole garantit la vie éternelle. Seul problème: encore faut-il l'entendre !!

Nous vivons dans des villes (à Menton et à Monaco du moins) où il est difficile d'entendre. Tout bonnement parce qu'il y a trop de bruit et de brouhaha. Dans toute cette agitation, parmi toute cette population qui grouille et qui vit autour de nous, il est compliqué de faire entendre la parole de Dieu. Ecouter, faire sienne, assimiler, digérer comme de la bonne nourriture, voilà ce qui signifie entendre. Ecouter est la fonction d'un sens, entendre c'est déjà prendre en soi et le diffuser avant de réagir. Avez-vous déjà noté combien de fois Jésus insiste sur la perception de sa parole. Dans la parabole du bon berger, Jésus parle des moutons qui entendent la voix du berger et le suivent. Ils ne suivront personne d'autre car ils ne reconnaissent pas la voix du berger (Jean 10, 4+5). Et plus loin Jésus affirme :"celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a bien un juge: c'est la parole qui le jugera au dernier jour" (Jean 12,48). L'Evangile, la parole de Dieu est la porte du salut.

Cet Evangile m'a fait penser à une scène auquel j'ai assisté un jour en avion. Une famille prit place et comme il est désormais habituel, vient le signal qu'il faut attacher ses ceintures. Les parents avaient eu un moment d'inattention et un des leurs enfants circulait allégrement dans le couloir jusquà ce qu'il tomba par terre et par dessus bord (me disais-je en silence). Quand vous ne portez pas votre ceinture de sécurité et s'il y a un grand choc vous passez à travers. Heureusement personne n'est tombé de l'avion et le petit bonhomme qui s'est étalé dans le couloir, s'est relevé sans encombre. Alors je me suis dit: dans la vie on peut chuter plusieurs fois sans que l'on meure, sans que l'on passe forcément à travers. Ceux qui sont embarqués dans la communauté de l'église, peuvent chuter mais pour autant ils ne sont pas éjectés. Ainsi en est-il au jugement dernier : ceux qui entendront la voix de Jésus, même s'ils sont par terre, se rélèveront pour la vie éternelle. Tout réside dans la parole de Dieu qui devient à un moment si forte, si sonore que même les morts se lèveront.

Aujourd'hui 1er Novembre, des familles se rendent au cimetière pour rendre un hommage, fleurir les tombes. Je souhaite qu'elles se mettent en situation d'entendre la parole d'espérance proclamée par Jésus: CELUI QUI ENTEND MA PAROLE ET CROIT EN CELUI QUI M'A ENVOYE, A LA VIE ETERNELLE;  IL NE VIENT PAS EN JUGEMENT, IL EST PASSE DE LA MORT A LA VIE.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2009-10-30 16:28:05
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Vendredi 23 octobre 2009

pourquoi sommes-nous protestants ?

Martin Luther lorsqu'il afficha ses 95 thèses sur les portes de l'église de Wittenberg le 31 Octobre 1517, ne pouvait imaginer que cet acte marquait le début du mouvement dit de la Réforme. ML tirait à boulets rouges sur les indulgences qu'un envoyé du pape (en l'occurrence un dénommé Tetzel) vendait pour une place au paradis. Pour le Réformateur, le salut ne pouvait ni se mériter, ni s'acheter. C'est Dieu dans sa toute puissance et dans sa grâce qui décide qui est sauvé et qui ne l'est pas. Comme la lettre aux Ephésiens (au 3me chapitre) nous le rappelle: "nous n'y pouvons rien,  c'est un don de Dieu".  On ne peut pas dire que l'église romaine était enchanté par cette contestation. D'autant plus que le 1er novembre était un jour de grande affluence et que beaucoup de personnes allaient découvrir ces thèses. 41 des 95 thèses furent condamnées par une bulle pontificale qui exigeait la rétractation de ML. Mais ML brûla en grande pompe le 10 Décembre 1520 cette bulle. Cela fut le début de la fin des illusions pour ML, désormais en rupture avec l'Eglise, concrétisé par son excommunication prononcé le 3 janvier 1521 par Rome. L'affichage du 31 Octobre voulait construire une nouvelle église sans que ML pense ne serait-ce qu'un instant à quitter l'église dans laquelle il fut ordonné prêtre.

Ce qui a incité ML à se prononcer si ouvertement sur l'église de son temps, c'est la Bible. Il découvre dans son cheminement que celui qui fait confiance à Dieu est justifié (Romains 1,17). ML est comme beaucoup de personnes; il se demande s'il sera sauvé et ce qu'il faut faire pour être sauvé. Sûrement pas acheter un bon pour le paradis, "les fameuses indulgences", un laissez passer devant Dieu comme si l'église, institution humaine pouvait opérer un tri entre les bons et les méchants. Se pose dès lors la question de l'autorité. En particulier qu'est ce qui fait autorité pour notre foi ? Les encycliques du pape ou l'évangile. Jusqu'à aujourd'hui cette question de l'autorité pose problème entre les Chrétiens qui pourtant ouvrent la même Bible. Luther en viendra à énoncer que le salut ne peut s'obtenir que par l'Ecriture (le respect et la traduction dans notre vie de l'évangile), la foi (du coeur et non les lois écrites de main d'homme) et la grâce (offerte par Dieu même si je ne le mérite pas de par mes oeuvres). Sur le dernier point, aucune indulgence, aucune richesse, aucune action si grande et honorable soit-elle ne peut combler le fossé qui nous sépare de Dieu et des hommes. Nous serons toujours débiteurs auprès de Dieu; c'est Dieu qui en donnant son fils a payé le prix, une fois pour toutes pour que nous ayons la vie éternelle, que nous soyons libérés de l'esclavage du péché.

Une église a toujours besoin de s'interroger sur ces pratiques. Mais aujourd'hui l'occasion nous est donnée de dire merci à Dieu pour sa parole et de prendre position nous-mêmes à coeur le projet de Luther du "semper" reformanda, toujours la Réforme. Amen.


ticadime | Ajouter un commentaire | 2009-10-23 16:07:20
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